Gordes, Ménerbes, hommage à Jean Deyrolle


Le Paris de l’après-guerre et des années cinquante est encore synonyme de capitale des arts. Les grands noms de l’art moderne donnent leurs derniers chefs-d’oeuvres et ceux de l’art contemporain commencent à émerger.
Deyrolle a 35 ans lorqu’il reçoit le prix Kandinsky en 1946. La toute nouvelle galerie Denise René parachève sa consécration.
En 1947, il découvre Gordes, tombe sous le charme du paysage et de la lumière et investit une ruine du quartier Fontaine Basse, tout comme Vasarely, Willy Ronis, André Lhote ...
Organisée à l’occasion du centième anniversaire de l’artiste (1911-1967), l’exposition de l’Espace Simiane à Gordes met l’accent sur les peintures abstraites réalisées à partir des années cinquante et sur celles peintes dans le village dès 1960 et jusqu’à sa mort.
La galerie Pascal Lainé présente quant à elle des peintures, des œuvres sur papier, une tapisserie (Sénanque) et des lithographies de la période gordienne, soit de 1947 à 1967.

Olivia Gazzano

Jean Deyrolle, Gordes, Espace Simiane, jusqu’au 18 septembre, ouvert tous les jours de 14h à 18h. Entrée 4 euros, gratuit pour les -16 ans. Renseignement 04 90 72 98 64. Catalogue.
Galerie Pascal Lainé, rue Sainte-Barbe, Ménerbes, Hommage à Jean Deyrolle, du 9 au 27 juillet. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h30-12h30 et de 15h30-19h30. tél. +33 (0)6 61 89 74 12.
www.galerie-pascal-laine.com Visuel : Lonu, tempera sur toile, 1951, Paris. Galerie Pascal Lainé.

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Collection Lambert, Cy Twombly photographe et artistes invités


En marge de son activité principale, l’artiste américain Cy Twombly fait de la photographie depuis 60 ans. Se sont 120 de ses clichés, jamais montrés nulle part, que l’artiste a souhaité rendre publics avec la complicité de la Collection Lambert. Mais aussi 120 autres photographies d’artistes qui, depuis l’invention de ce médium au XIXe siècle, l’utilisent comme outil de travail complémentaire ou décide de faire œuvre avec.
Ainsi on peut voir des clichés de Rodin qui détestait la photographie jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’elle lui permettait d’analyser l’emplacement des points de lumière sur ses sculptures. Mais aussi les Vues d’atelier de Brancusi qui entrent en résonnance avec celles de Twombly ou bien les photographies de Sol Le Witt ou de Sally Mann, amie proche de l’artiste, résidant à Lexington en Virginie, où est né Twombly. (Sur cette même thématique, on complètera d’ailleurs sa visite par celle de l’exposition Vuillard, Bonnard et Degas au musée Angladon).
Dans une deuxième partie, l’accrochage évoque la dimension du temps qui passe avec les clichés de Vuillard, Degas, David Claerbout, Douglas Gordon... Lartigues, jamais présenté dans un musée d’art contemporain. Une manière de se démarquer des classifications traditionnelles et de souligner que les artistes contemporains se nourrissent aussi du travail de leurs prédécesseurs, même lorsque ceux-ci sont généralement renvoyés à un passé révolu.
Le rez-de-chaussée est consacré aux photographies de Twombly lui-même. Photographies documentaires, réminiscences de clichés, hommage aux prédécesseurs, volonté de se placer dans leur sillon.
Une histoire de l’art en 240 photographies.

Olivia Gazzano

Le temps retrouvé. Collection Lambert, rue violette,  84000 Avignon. Jusqu’au 2 octobre. Juillet et août : tous les jours de 11h à 19h. En septembre et octobre : du mardi au dimanche, de 11h à 18h. Tarifs : 7 euros et 5,5 euros. Enfants -12 ans : 2 euros. Tél. 04 90 16 56 20. www.collectionlambert.com

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.