Musée archéologique de Saint-Paul-Trois-Châteaux, Rites et cultes en Tricastin


Après « Tricastin devenu Romain » qui faisait le tour d’une époque et d’un territoire et « Richesses tricastines » qui présentait une sélection des plus beaux objets des collections, la nouvelle exposition s’intéresse au sens du sacré chez nos ancêtres tricastins, de sa naissance à la préhistoire jusqu’à la spiritualité du moyen âge. Vaste projet, au vu de la richesse des fonds du musée, mais qui devra loger dans l’espace restreint de la salle de l’Archidiacre, espace muséal de la ville. A la sélection rigoureuse d’objets, s’ajouteront donc des vidéos et des diaporamas pour une meilleure compréhension du propos, des aquarelles et maquettes pour une mise en espace plus agréable. Le prêt d’un remarquable ensemble de petits bronzes, découverts dans la région mais jamais montrés jusqu’à présent, viendra compléter cet ensemble.
 Avec la présentation d’objets symboliques de chaque époque, on commencera par la préhistorique avec quelques éléments provenant des fouilles du quartier des Moulins à St Paul, lieu essentiel à la compréhension de ces rituels par les archéologues. S’y ajouteront des parures funéraires de l’aven des Iboussières à Malataverne et des tessons de céramique des environs. Les pratiques d’incinération de l’âge de bronze seront ensuite évoquées.
L’antiquité sera présentée avec les objets de fouille du Valladas, exceptionnelle nécropole gallo-romaine, située hors les murs de la cité d’Augusta Tricastinorum, qui a livré, outre les objets qui accompagnaient les défunts : verreries et céramiques, de nombreuses offrandes alimentaires riches d’enseignements sur les modes de vie de cette époque. Une fabuleuse collection de petites divinités complète cet ensemble. La mosaïque Messié, du nom de son donateur, reste en place, augmentée d’une maquette qui en restitue l’emplacement exact au sein d’une maison de l’époque. Une aquarelle dans son prolongement évoquera un lit funéraire placé dans l’atrium.
Les montages vidéos montreront les fouilles d’où proviennent les objets et expliqueront l’évolution des rites dans une première salle qui restera peu éclairée alors que la lumière ira croissant dans la deuxième salle pour nous présenter l’Antiquité tardive et le Moyen âge.
On y verra un film sur les éléments sculptés de la cathédrale et, surtout, l’Arche sainte hébraïque sera de retour après un séjour à Paris au Musée du Judaïsme. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une pièce unique, seul exemplaire ayant traversé les vicissitudes du temps. Elle abritait les rouleaux de la Torah dans le quartier juiverie de St Paul au quinzième siècle.
 L’exposition devrait évoluer au fil de sa durée (deux ans) avec l’arrivée d’un certain nombre d’objets prêtés par d’autres musées, dans le cadre des échanges qui font vivre les collections d’importance nationale comme celle de St Paul.
Saint-Paul-Trois-Châteaux,  salle de l’Archidiacre, du mardi au samedi de 14h30 à 18h. Le premier dimanche du mois, une visite guidée gratuite a lieu à 16 h. Tel : 04 75 96 92 48. Exposition du 2 juillet 2011 au 25 mai 2013.

Anne Simonet-Avril. Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Musée Estrine, "Gérard Drouillet, une joie de vivre", prolongation jusqu’au 27 mai

Gérard Drouillet,
sans titre, 1999,
collection particulière,
musée Estrine 2012
J’ai toujours eu une tendresse particulière pour l’œuvre de Gérard Drouillet, un savant mélange de pathos, affect, libéré avec rage et intelligence sur des formats dignes de ce nom, où l’on ressent toute la force de l’Artiste.
Je n’ai pas la prétention de vous parler de l’homme, que j’ai cependant eu la chance de rencontrer et qui m’avait à l’époque ouvert les portes de son royaume, mais que je n’ai pas connu au sens humain du terme.

Cette petite page griffonnée est seulement une envie de vous faire partager ce qui me touche chez cet artiste, comme une simple conversation entre amis, où l’on échange, partage et se dévoile. Un peu comme l’œuvre de Gérard Drouillet…

La première fois que j’ai vu une de ses toiles c’était chez un ami, une peinture imposante trônait dans son salon, mes yeux n’ont vu qu’elle. Non pas que mon œil fût attiré par la couleur, ou le contenu, mais c’était bel et bien la force et la tendresse qui se dégageaient de cette toile qui m’ont totalement captivée. Un sentiment, une émotion, voilà ce que je ressentais (et pour moi en art c’est un peu ma quête du Graal). Je me suis fait happer par la toile, j’y suis entrée comme on s’engouffre dans un labyrinthe, allant de surprises en découvertes tantôt drôles, tendres, violentes, sexuées, douces, amères, torturées… J’en suis sortie avec un sentiment très marqué de respect pour cette œuvre et pour l’homme.
Par la suite j’ai voulu en savoir et voir plus… et mon Dieu que l’art nous réserve de bonnes surprises ! L’émotion était encore là, l’harmonie des couleurs traitée avec une telle subtilité et intelligence, la force des traits, les éléments « totems » répétitifs mais jamais redondants. Univers animal, végétal, phallique et fort, humain, tendre, dur…un pur moment de bonheur pour qui veut bien se laisser porter dans un imaginaire plus réel qu’il n’y paraît.

Le Musée Estrine, à Saint Rémy-de-Provence, vous présente jusqu’au 27 mai, un hommage à cet homme et Artiste ; on y ressent toute la tendresse et le respect que ce lieu a pour lui. Si vous passez par là… Entrez dans le monde de Gérard Drouillet…

Gérard Drouillet n’est plus, mais restera avec nous éternellement grâce à son Œuvre.
Merci Monsieur Drouillet de m’avoir apporté de l’émotion et touché mon cœur et mon âme.

Sophie Aubert pour Prosper, le Magazine culturel www.magazineprosper.com -Mars 2012


Musée Estrine, 8 rue Estrine - 13210 Saint-Remy-de-Provence. Tél : 04 90 92 34 72. Le musée est ouvert tous les jours sauf lundi, de 10h00 à 12h30 et de 14h à 19h, le Mercredi de 10h à 19h.
En principe fin mai 2012 (se renseigner au musée) et ce jusqu’en 2013, le musée Estrine fermera pour travaux : création d’une extension de 350 m², couverture de la cour, réfection des salles d’exposition et pose d’un ascenseur.
Vous pourrez aussi découvrir une partie de la collection du musée Estrine, du 20 avril au 17 juin, à la Galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. L’exposition proposera, au travers d’une cinquantaine d’oeuvres, un panorama de la création picturale du XXe et début XXIe siècle. L’ensemble sera présenté dans une scénographie préfigurant le futur musée, à savoir une grande galerie des peintures et des espaces plus intimes réservés aux dessins, aux aquarelles et aux gravures. La maquette et les vues des agrandissements viendront clore ce parcours invitant le visiteur à venir découvrir les collections dans le nouveau Musée Estrine. Hôtel Castillon, 21 bis cours Mirabeau, 13100 Aix-en-Provence. Tél : 04 13 31 50 70. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h30 à 13h00, de 14h00 à 18h00. Entrée libre / Visites guidées et gratuites sur rendez-vous.