Gordes, Ménerbes, hommage à Jean Deyrolle


Le Paris de l’après-guerre et des années cinquante est encore synonyme de capitale des arts. Les grands noms de l’art moderne donnent leurs derniers chefs-d’oeuvres et ceux de l’art contemporain commencent à émerger.
Deyrolle a 35 ans lorqu’il reçoit le prix Kandinsky en 1946. La toute nouvelle galerie Denise René parachève sa consécration.
En 1947, il découvre Gordes, tombe sous le charme du paysage et de la lumière et investit une ruine du quartier Fontaine Basse, tout comme Vasarely, Willy Ronis, André Lhote ...
Organisée à l’occasion du centième anniversaire de l’artiste (1911-1967), l’exposition de l’Espace Simiane à Gordes met l’accent sur les peintures abstraites réalisées à partir des années cinquante et sur celles peintes dans le village dès 1960 et jusqu’à sa mort.
La galerie Pascal Lainé présente quant à elle des peintures, des œuvres sur papier, une tapisserie (Sénanque) et des lithographies de la période gordienne, soit de 1947 à 1967.

Olivia Gazzano

Jean Deyrolle, Gordes, Espace Simiane, jusqu’au 18 septembre, ouvert tous les jours de 14h à 18h. Entrée 4 euros, gratuit pour les -16 ans. Renseignement 04 90 72 98 64. Catalogue.
Galerie Pascal Lainé, rue Sainte-Barbe, Ménerbes, Hommage à Jean Deyrolle, du 9 au 27 juillet. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h30-12h30 et de 15h30-19h30. tél. +33 (0)6 61 89 74 12.
www.galerie-pascal-laine.com Visuel : Lonu, tempera sur toile, 1951, Paris. Galerie Pascal Lainé.

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Collection Lambert, Cy Twombly photographe et artistes invités


En marge de son activité principale, l’artiste américain Cy Twombly fait de la photographie depuis 60 ans. Se sont 120 de ses clichés, jamais montrés nulle part, que l’artiste a souhaité rendre publics avec la complicité de la Collection Lambert. Mais aussi 120 autres photographies d’artistes qui, depuis l’invention de ce médium au XIXe siècle, l’utilisent comme outil de travail complémentaire ou décide de faire œuvre avec.
Ainsi on peut voir des clichés de Rodin qui détestait la photographie jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’elle lui permettait d’analyser l’emplacement des points de lumière sur ses sculptures. Mais aussi les Vues d’atelier de Brancusi qui entrent en résonnance avec celles de Twombly ou bien les photographies de Sol Le Witt ou de Sally Mann, amie proche de l’artiste, résidant à Lexington en Virginie, où est né Twombly. (Sur cette même thématique, on complètera d’ailleurs sa visite par celle de l’exposition Vuillard, Bonnard et Degas au musée Angladon).
Dans une deuxième partie, l’accrochage évoque la dimension du temps qui passe avec les clichés de Vuillard, Degas, David Claerbout, Douglas Gordon... Lartigues, jamais présenté dans un musée d’art contemporain. Une manière de se démarquer des classifications traditionnelles et de souligner que les artistes contemporains se nourrissent aussi du travail de leurs prédécesseurs, même lorsque ceux-ci sont généralement renvoyés à un passé révolu.
Le rez-de-chaussée est consacré aux photographies de Twombly lui-même. Photographies documentaires, réminiscences de clichés, hommage aux prédécesseurs, volonté de se placer dans leur sillon.
Une histoire de l’art en 240 photographies.

Olivia Gazzano

Le temps retrouvé. Collection Lambert, rue violette,  84000 Avignon. Jusqu’au 2 octobre. Juillet et août : tous les jours de 11h à 19h. En septembre et octobre : du mardi au dimanche, de 11h à 18h. Tarifs : 7 euros et 5,5 euros. Enfants -12 ans : 2 euros. Tél. 04 90 16 56 20. www.collectionlambert.com

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Saint-Rémy-de-Provence, rétrospective Gérard Fromanger (1955-2011) au musée Estrine


Figure emblématique de la scène française, Gérard Fromanger l’est depuis les années soixante. Considéré comme un des pionniers de la nouvelle figuration pour contrer l’abstraction officielle, il est très vite rattaché au groupe de la figuration narrative dont il devient l’un des acteurs essentiels. La peinture ne donne plus seulement à voir, elle donne aussi à dire. Le ton est lancé : les peintres seront témoins de leurs temps, politisés au sens étymologique du terme de l’engagement dans la vie de la « cité ». Comme le dit le peintre lui-même « je suis dans le monde, pas devant ».
La photographie, parangon du monde contemporain, deviendra une alliée pour élaborer une réalité picturale et donner un nouveau langage à la peinture : le « voir le voir » évoqué à son sujet par Bernard Ceysson. Des amitiés électives nouées avec Christian Bernard, Jean-Luc Chalumeau, Gilles Deleuze, Michel Foucault, Alain Jouffroy, Félix Guattari, Michel Onfray, Jacques Prévert et Olivier Zahm participeront à la construction de cette peinture, en seront le support, la trame et aussi le sujet. Dans cette écriture du monde Fromanger déploie un langage à la fois abstrait et figuratif, où la couleur joue un rôle majeur. Elle est pour lui la vie, le mouvement, l’expression des passions et le moyen de transfigurer le réel en introduisant du temps, celui de la narration, dans l’espace plastique. Des récits se constituent, mélangeant des thématiques récurrentes comme la rue, le portrait, la silhouette, la peinture d’histoire, la poésie ou encore la photographie, qui donnent lieu à des séries Boulevard des Italiens, Le désir est partout, Tout est allumé, Sens dessus dessous ou plus récemment Bastilles. Séries qui elles-mêmes se répondent entre elles comme devenant à leur tour l’alphabet du peintre : son langage. Un oeuvre en rhizome, (série rhizomes peintures-café), à l’image du monde contemporain, sujet central de la peinture de Fromanger.
“ Qu’est-ce qu’il y a de révolutionnaire dans cette peinture- là? Peut-être l’absence radicale d’amertume, et de tragique et d’angoisse, de toute cette chierie des grands peintres qu’on dit de leur époque” Gilles Deleuze, extrait de Et le froid et le chaud, in Gérard Fromanger, le peintre et le modèle, 1973.

Gérard Fromanger “l’écharpes d’Iris- rétrospective 1955- 2011, Musée Estrine. Jusqu’au 4 septembre. Catalogue, texte de Bernard Blistène, 12 euros. Visite parlée par Gérard Fromanger de sa propre exposition, le dimanche 10 juillet, à 17h.  Visuel : en Chine, à Hu Xian, 1974.



Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Arman s'installe aux Baux


Très belle initiative que celle des Baux-de-Provence de proposer une incursion dans l’univers d’Arman, imaginée et orchestrée de manière très pédagogique par la Fondation A.R.M.A.N.. À voir impérativement, jusqu’au 16 octobre.

Petit rappel biographique tout d’abord. 1928, Armand Pierre Fernandez naît à Nice. Son père, issu d’une famille espagnole venant d’Algérie, possède un magasin de meubles et d’antiquités. “Peintre du dimanche”, il lui apprend la peinture à l’huile. En 1947, Arman fréquente un court temps l’Ecole nationale d’art décoratif de Nice. En 1949, il monte à Paris et suit les cours de l’Ecole du Louvre, tout particulièrement ceux d’archéologie et d’art oriental, dans le but de devenir commissaire-priseur. Il abandonne le cycle au bout de deux ans et part avec son copain Yves Klein à Madrid. Après s’être essayé à la peinture dans la veine surréaliste, il aborde la peinture abstraite, sous l’influence de Poliakoff et de Staël. En 1953, il épouse Eliane Radigue, musicienne et compositrice. En 1958, il laisse tomber le D de son prénom et signe Arman.

De la fréquentation du magasin de son père, il gardera le goût des objets, de leur accumulation et de la collection ; de celle de l’univers de sa femme celui de la musique ; de celui des écoles d’art et de la situation des arts en France après la guerre, c’est à dire un sentiment d’achèvement, le goût du contre-pied et de l’ironie; de ses voyages à New-York dès 1961, un sentiment de liberté et une grande émulation.
Arman commence modestement en utilisant des tampons commerciaux. Ces cachets servent à produire une trace, répétée indéfiniment. Puis, s’appuyant sur Marcel Duchamp, il prend le contre-pied de l’histoire de l’art dont la démonstration revient à dire aussi que la production artistique est une succession de grands sujets, exemplaires et moraux, réalisés avec des matériaux nobles tels que la peinture, le marbre, le bronze. Il se met alors à collecter des objets ou des déchets dans des poubelles, lieu dépositaire du absolument pas noble, du dégoûtant pour tout dire, achète à New-York des lots d’assiettes invendues, récupère des séries d’objets du quotidien, tous identiques ou presque. Il en fait des inclusions dans le plexiglas ou le polyester et en modifie, du coup, la nature. Il va même, un jour, jusqu’à récupérer dans un tiroir les bijoux de sa mère qui, parait-il, a fait une drôle de tête en rentrant. Ce fût l’une de ses premières Compressions (Les Ferrets de la reine, 1962, visible dans l’exposition). C’est en regardant un jour une boîte remplie de lampes de radio dans un autre tiroir qu’il décide que cette accumulation d’objets identiques fait œuvre. Il colle un rhodoïd dessus pour la fermer, peint les côtés en noir et l’expose telle quelle. Ce sera le début d’une longue série d’Accumulations qui se déclineront à l’infini (1959).
En 1961, il inaugure ses Colères. Il prend des instruments de musique en bon état et les casse, dans un geste précis et créateur. Mais aussi irrévérencieux, scandaleux, sacrilège. Il les colle ensuite sur un support ou les enchâsse dans le plexiglas.
Plus tard, c’est au feu qu’il soumettra violons et autres objets (Bibliothèques d’Alexandrie, 1968) donnant naissance aux Combustions, mais aussi aux Coupes par le biais desquelles tous types d’objets manufacturés se retrouvent découpés en tranches.
Il est jouissif de détruite toutes ces expressions d’une société urbaine et de consommation. Mais ouvrir un violon pour en voir les entrailles ne permet pas d’y trouver la musique.
En 1960, le critique Pierre Restany réunit les artistes qui participent de cette même approche du réel, de l’art, de son histoire : Arman, Yves Klein, François Dufrêne, Raymond Hains, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Jean Tinguely, Jacques Villeglé ; il les nomme : les Nouveaux Réalistes. En référence, au mouvement des Réalistes qui au XIXe siècle, avaient décidé qu’il fallait être plus proche du peuple et abandonner les représentations emphatiques et mythologiques, le plus représentatif de ces peintres étant Gustave Courbet. Par cet acte, il les réinscrivait aussitôt dans le mouvement de l’histoire de l’art.
Arman, en fait, par l’invention de toutes ces techniques et son regard neuf porté sur les objets réinvente l’art du Portrait, de la Vanité et certainement aussi de la peinture d’Histoire (Espoir de Paix, Beyrouth, 1995).

L’exposition se présente sous forme d’un parcours dans le village et dans les univers, les techniques et les ambiances musicales d’Arman. Ill est préférable de le mener dans l’ordre des étapes proposées.
En guise d’introduction La chute des courses (1996), la scénarisation de son atelier de dessin et La grande Nuit (1994). Plus haut, on entrera dans l’atelier de sculpture et son joyeux bazar. Au fonds du village, dans l’ancienne citerne, son atelier de peinture. On n’oubliera pas, une fois là, de prendre l’escalier pour se rendre dans la salle de projections où des films montrant Arman “au boulot” sont essentiels à la compréhension de sa démarche. Dans les salles du musée Brayer, l’exposition remonte le temps. Elle débute par les dernières œuvres de l’artiste, soit la peinture, le Shooting color dont le principe est de faire jaillir la peinture du tube, écrasé par son pied, en une courbe qui s’écrase sur la “toile” et sur l’objet prélevé dans la réalité qu’il n’a pas oublié d’y adjoindre.

Olivia Gazzano

Arman s’installe aux Baux-de-Provence. Jusqu’au 16 octobre, de 10h à 19h. Nocturne le vendredi, du 14 juillet au 15 août, jusqu’à 22h. Projections nocturnes dans les rues et sur les rochers. Tarifs : 7 euros, enfants (7-17 ans) : 5 euros. Ateliers enfants (-12ans) : 5 euros, sur réservation. Possibilité d’acheter son billet sur internet : www.visitprovence.com/arman, à retirer à l’office de tourisme. Vente sur place à l’atelier de sculpture (ilot Post tenebras lux). Plus d’infos sur www.lesbauxdeprovence.com ou au 04 90 54 34 39. Catalogue “ Au boulot”, 96 pages, éditions fondation A.R.M.A.N., 20 euros. www.fondation-arman.ch
Durant l’exposition, les œuvres de Yves Brayer restent visibles au musée. Entrée : 5 euros, www.yvesbrayer.com, tél. 04 90 54 36 99.

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.



Di Rosa : 10 ans de création à Campredon


L’artiste présente et met en perspective son travail de ses dix dernières années à l’invitation du Centre d’art, dans une exposition qui fait suite à la présentation, il y a onze ans de ses premières oeuvres déjà conçues autour du monde.

Nous aurons droit, dans l’un de ces lieux qui osent – heureusement pour nous- s’aventurer hors de l’art conceptuel, à la découverte d’une soixantaine d’oeuvres d’Hervé Di Rosa, dont un certain nombre n’ont pas encore été montrées. Tout juste achevées, les créations avec les Haïtiens de Miami : un travail de sequins cousus comme sur les drapeaux vaudous. Jamais présentées, les sculptures grand format, en résine pour celles conçues à Miam : « La résine est le matériau du rêve américain » et puis des bronzes et des bois créés au Cameroun avec des artisans locaux.
« Avec des artisans locaux » : nous touchons là l’originalité de la démarche de l’artiste : sortir de son atelier, s’ouvrir aux autres, tenter de les comprendre. Pour cela,  échanger autour des images, des objets, bâtir un projet commun, associer les artisans et leur savoir-faire. Hervé Di Rosa permet à la main de l’autre – celle de l’artisan - d’intervenir dans son œuvre.
De ce partage d’expériences naissent des oeuvres qu’il partage à son tour avec le public, oeuvres qui parlent des rencontres qui les ont fait naître. « Je crois au collectif » dit l’artiste : « je n’aime pas  vivre enfermé dans mon atelier. J’ai besoin de parler du monde, de me frotter à d’autres cultures et à leurs modes d’expression, d’entrer dans de nouveaux ateliers. Je veux donner à voir, ce qui n’est pas habituellement dans le champ des médias : le quotidien des quatre coins du monde ».

Seront aussi présentés les travaux paysagers récents avec les séries Miami, Paris Nord, Tel Aviv et Jérusalem, (ces deux dernières exposées pour la première fois), dont il dit que les collaborateurs, involontaires cette fois-ci, sont les architectes de ces villes.

Anne Simonet-Avril

2 juillet au 2 octobre. Centre d’art Campredon. L’Isle sur la Sorgue.

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Les installations vidéos de Sylvie Blochet au centre d'art contemporain de Saint-Restitut


Living pictures : « Je veux rendre la parole aux images » dit l’artiste à propos des quatre vidéos présentées cet été. Le titre de l’exposition : « Les coupables » est venu des mots même des jeunes, entre enfance et adolescence, qu’elle présente dans deux de ses quatre vidéos.
Quatre-vingt un ados d’une favela brésilienne marchent sur une ligne invisible, le regard tourné vers nous. Ce sont : « Les enfants d’après demain ». Le temps consacré à chacun, l’adresse muette, leur rend présence et dignité. C’est la première présentation en France après le musée de Sao Paulo.
Deuxième vidéo consacrée à des jeunes : « Dix minutes de liberté » tourné dans un collège de la région parisienne avec une centaine d’élèves. Chacun a écrit une phrase gardée habituellement secrète, elle a été imprimée sur un tee-shirt  qu’ils ont enfilé avant de se présenter devant la caméra. Rires, émotions, apparent détachement : Apportez-moi l’horizon, Mes amis sont ma liberté, Les emmerdes prennent jamais de vacances, Dire ce que l’on aime avant qu’il soit trop tard… : autant de fragments de leur monde. C’est la première présentation de cette vidéo.
 Deux autres vidéos fonctionnent moins dans l’empathie. Dans « A more perfect day », un jeune à la voix féminine et au corps moitié blanc, moitié sombre, une guitare électrique en guise de cache sexe, interprète des fragments d’un discours de Barak Obama : étrange…
 Parfaitement rébarbative et certainement voulue comme telle, la dernière vidéo met en scène une jeune femme noire qui pose sur ton monocorde des questions psychanalytiques en s’habillant jusqu’à disparaître sous les superpositions d’habits. C’est aussi la première présentation de cette vidéo. Le Centre d’art présente ainsi l’actualité d’une artiste que l’on voit peu en France alors qu’elle expose aux quatre coins du monde.
La salle du haut présente des photos de magazine de mode pour enfants maculés de phrases écrites au feutre: on y devine l’inavouable au détour des mots : suis-je assez soumise ? Je ne suis pas prête… et c’est assez terrifiant avec une grande économie de moyens.

Anne Simonet-Avril

L’exposition est en place à la maison de la cure jusqu’au 21 août 2011. 
L’exposition suivante, en septembre, sera consacrée à Marie-Laure De Decker. « De la photographie, je n’attends pas qu’elle serve à empiler la mort dans des caisses d’images, mais qu’elle témoigne de la vie, même là où il y a des guerres. »

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.



Alpilles, festival APART un festival détonnant


APART, un feu d’artifice dédié à l’art contemporain, bien avant et après le 14 juillet ! Voila comment on pourrait, dans un premier temps, qualifier ces installations et expositions fleurissant le temps d’un été sur le territoire des Alpilles et dont la première édition a eu lieu en 2010.
Après un essai des plus concluant, l’année dernière, sur une semaine, la deuxième édition de cet évènement se présente sous la forme d’un festival, fait unique en France et s’installe durant six semaines dans les Alpilles, selon un itinéraire Ouest, Nord, Sud et Est qui s’anime au fur et à mesure des mois de juillet et août.
Une opportunité d’aller à la rencontre de l’art vivant avec des œuvres qui témoignent du moment et en présence des artistes.
Il s’agira de présenter tous les types de propositions artistiques qui existent aujourd’hui. Ainsi Jean-Pierre Bertrand côtoiera Jean-Luc Parant, tous deux apportant une réponse différente à l’espace qu’ils investiront ensemble. La sculpture de Yazid Oulab entrera en dialogue avec l’installation de Jean-Marc Cerino. La fondation Hippocrène proposera une sélection de cinq artistes belges.
Signalons parmi tous les évènements, celui du 10 juillet, à Saint-Rémy : rétrospective en présence d’une trentaine d’artistes de l’édition 2010, au musée Estrine, Gérard Fromanger fera la visite guidée de l’exposition qui lui est consacrée, à l’hôtel de l’image, on pourra se livrer à une discussion avec Michel Onfray et à la Cour des arts une presse à gravure sera à disposition des artistes.
Trois manières d’aborder ce festival, foisonnant jusque dans son organisation : choisir de découvrir ou redécouvrir un territoire en prenant le prétexte du festival, ou bien, venir pour l’art contemporain et découvrir le territoire à la faveur du parcours proposé, ou encore choisir de visiter les lieux patrimoniaux situés sur le parcours et faire la connaissance des artistes à travers leurs œuvres.
Les artistes seront plus de 70 ! Nous allons risquer ici quelques noms. Que ceux qui n’y figurent pas veuillent bien nous pardonner ! Etienne Bossut, Jean Daviot, Pablo Garcia, Jean-Miche Othoniel, Tony Soulié, Didier Tallagrand, Yvon Taillandier, Jacques Salles, Françoise Vergier, Kimiko Yoshida, Marc Couturier, Yan Pei Ming, Nitsa Mélotopoulos, Johan Creuten, Michel Battle, Gérard Drouillet, Marc Nucera, Nadine Fourré ... Un évènement à déguster tout au long de l’été.

Olivia Gazzano

Festival international d’art contemporain APART. Du 7 juillet au 17 août. Tarascon, Saint-Rémy-de-Provence, Maussane, les Baux-de-Provence, Saint-Etienne-du-Grès, Fontvieille, Eygalières, Mouriès et quantité de lieux privés. Gratuit. Programme disponible au bureau du festival, 6 bld. Mirabeau (tour de ville, agence Emile Garcin) à Saint-Rémy. et sur www.festival-apart.com. Catalogue 7,50 euros disponible à partir du 11 juillet.
Visuel : Etienne Bossut, Ruines, 2007,  390 x 165 x 115 cm © Etienne Bossut/Galerie Chez  Valentin

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Datris, une maison pour la sculpture à l'Isle-sur-la-Sorgue



Elle était attendue avec impatience et curiosité depuis un an, son ouverture a eu lieu le 3 juin dernier. L’évènement était de taille : un espace de 1700 m² entièrement dédié à la sculpture, chose très rare en France. On ne fût pas déçu, ce ne sont pas moins de 115 sculptures qui sont exposées dans l’ancienne Maison Biehn et son jardin. 65 artistes français et internationaux y sont représentés. Une cinquantaine de pièces font partis du fonds de la collection, une quinzaine proviennent des dépôts consentis par les artistes ou leurs galeristes - ces pièces ne sont pas à la vente dans le lieu.
On doit cette très belle initiative privée à Danièle Marcovici, propriétaire, en région parisienne, de l’entreprise RAJA, numéro un européen de l’emballage et à Tristan Fourtine. Tout d’abord collectionneurs de peintures, ils se sont intéressés, voilà six ans, à la sculpture. Habitants partiellement le Luberon depuis une douzaine d’années, c’est tout naturellement l’Isle-sur-la-Sorgue qu’ils ont choisi pour y implanter ce fonds dédié à  la sculpture contemporaine, murale très souvent, de taille moyenne et réalisée dans tous types de matériaux. De Agam à Peter Vogel, on peut y voir les oeuvres de sculpteurs qui font l’histoire de l’art contemporain et parmi eux, d’artistes vivant et travaillant dans notre région.
La villa ne sera pas un simple lieu d’exposition. Cette année, Jean-Paul Moscovino y fera une démonstration de sculpture, au moment de la foire des antiquaires du 15 août. En septembre et en octobre, seront organisées des conférences-projections sur le thème. En 2012, la Villa Datris entamera son rythme normal d’expositions, à savoir : une première exposition de mars à juillet suivie d’une deuxième exposition de juillet à novembre. Les étages seront consacrés au fonds, tandis que les salles du bas accueilleront des sculptures choisies selon deux thèmes.
Peu à peu, et dès cet été, la Villa Datris proposera des catalogues d’artistes à la vente et une boutique où le visiteur pourra trouver des bijoux imaginés par les sculpteurs ainsi que de petits multiples. Un lieu à fréquenter pour tous les amateurs d’art et ceux qui veulent découvrir la sculpture contemporaine dans d’excellentes conditions.
 
Olivia Gazzano
 
Villa Datris, fonds pour la sculpture contemporaine. Exposition jusqu’au 13 novembre. Ouvert le vendredi de 14h à 19h, le samedi, dimanche, lundi et jours fériés de 10h à 19h. Entrée libre. 7 avenue des 4 Otages, l’Isle-sur-la-Sorgue. www.villadatris.com Tél. 04 90 95 23 70. Photographie : 1er plan, sculpture de Jésus Soto.




Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.



Fondation Blachère, villes rêvées villes vécues


La fondation Blachère poursuit cet été la mission qu’elle s’est donnée, à savoir rendre témoignage de propos artistiques émanant du continent africain, avec modestie et simplicité. Démarche respectable de citoyens du monde.
Citoyens du monde, les artistes présents dans l’exposition le sont aussi ou aimeraient le devenir. Leur vision de la ville occidentale ou africaine, contemporaine ou futuriste en témoigne. Bodys Kingelez (République démocratique du Congo) avec ses maquettes futuristes et/ou fantaisistes émet des suggestions, tandis que Titus Matiyane (Afrique du Sud) fait un constat avec un grand panorama à partir duquel on embrasse d’un regard la ville et ses contours, son petit aéroport, la grande forêt qui l’entoure et les frontières au loin. Antonio Ole (Angola) s’attache à rendre la présence des bidonvilles. Mamadou Cissé (Sénégal) dessine au feutre des vues du ciel de villes tellement hyper-urbaines qu’elles en deviennent non identifiables, interchangeables et si abstraites sous sa plume qu’on ne finit par voir qu’une immense tapisserie colorée.
Mais deux propositions se détachent à notre avis de l’ensemble. Celle de Jems Robert Kokobi (Côte d’Ivoire) qui dans deux morceaux de bois modestement taillés, présente la ville qu’il pourrait habiter et le village de cases où il vit, ce dernier disant toute l’humanité et la sociabilité peuvant exister dans ce petit groupement humain.
A l’opposé, la maquette de Manhattan et des Twin Towers, de plusieurs mètres carrés de  Maxwell Osei Abeyie (Ghana) décrit l’Horreur ainsi que la vulnérabilité d’une ville modèle et symbolique. L’ampleur du drame, l’impossibilité d’y croire imposant de réanalyser l’ensemble par la reconstitution des lieux et des faits, en trois dimensions et dans une taille imposante. Un moyen à valeur thérapeutique de se libérer du traumatisme ; la mise en oeuvre que l’on peut qualifier d’enfantine, de naïve, permettant de ne pas revivre émotionnellement le drame, à la différence des images télévisuelles. Cette oeuvre fascine le public qui ne peut s’empêcher de tourner longtemps autour, sans jamais vraiment s’en détacher comme se fut le cas des images de télévision que nous regardions en boucle, dans un état de sidération.

Olivia Gazzano

Fondation Blachère, Villes, exposition jusqu’au 8 octobre.

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Ménerbes, l'art contemporain pour l'homme de la rue


Une galerie ? Une vitrine ? Ou plutôt un volume idéal, à géométrie et usage variable ? Une fenêtre ouverte sur un espace-temps différent, fenêtre indiscrète qui donne à voir depuis la rue un intérieur habité, éclairé ? « Un lieu, une œuvre » serait un peu tout cela. Mais tenter de définir ce lieu inclassable, cette œuvre aux contours changeants, c’est déjà entrer dans le jeu. Parce que cette enclave villageoise dédiée à l’art contemporain est d’abord et avant tout une interrogation. Qu’est-ce qui fait art, si ce n’est la rencontre d’un lieu unique, en un moment unique, avec la chance d’un regard, sur un coin de trottoir où l’aléatoire a sa part?
 Mireille Cartet est la fondatrice de ce lieu questionnant. Prof d’Arts Plastiques, puis fondatrice d’une association qui invita pendant des années l’art contemporain à la Bibliothèque Méjanes d’Aix en Provence, cette Ménerbienne disposait d’un petit local vacant. Elle en a fait une « galerie particulière » dont on ne franchit pas le seuil. «Je ne fais pas d’exposition », précise-t-elle. Chaque oeuvre est une installation que l’on regarde derrière une vitre et qui s’adresse, souligne Mireille Cartet, « à l’homme de la rue ». L’artiste est invité à entrer en dialogue avec le lieu, un volume cubique modulable grâce à une cloison mobile, qui peut se creuser comme une niche, un nid, ou s’ouvrir comme un ciel. Chaque mois, un créateur différent est convié à habiter l’espace tout en se laissant habiter par lui.
Depuis août 2009, date où René Guiffrey a, en un geste inaugural, décliné le carré dans le cube, les « amis artistes » de Mireille ont, chacun, réinventé le lieu. Des poètes de l’espace, de la légèreté, des maîtres de la lumière et du concept, Curt Asker, Lisa Barbier, Laurent Baude, Hervé Nahon, jusqu’à Jonathan Meyer, peintre-plasticien, dont l’intervention a évolué avec un retour photographique sur l’œuvre in situ. Mireille accompagne, ouvre des pistes d’échange avec la maison Dora Maar, et rêve de faire un jour, non pas un vernissage, mais un repas de village, pour fêter avec les artistes ce petit miracle sans cesse renouvelé : la symbiose d’un lieu et d’une œuvre.

Carina Istre

Un lieu, Une oeuvre, rue Kléber Guendon, 84560 Ménerbes. Tél. 04 90 72 44 43.

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Pont du Gard, Albert André peintre indépendant et méconnu, entre tradition et modernité


Ami intime de Renoir de 1894 à 1919, son confident, Albert André (1869-1954) a développé une peinture entre tradition et modernité, tombée dans l’oubli.
Né à Lyon dans une famille de soyeux, il part à Paris à l’âge de 20 ans pour étudier la peinture. Il se lie d’amitié avec Bonnard, Valtat, Vuillard, Maurice Denis ... et partage sa vie entre la capitale et l’été, la maison famille de Laudun dans le Gard. A cette absence de mémoire, il y a des raisons. Son premier marchand, Durand-Ruel, a surtout commercialisé ses tableaux aux Etats-Unis, où se trouvent d’ailleurs ses meilleures toiles. Quant au musée de Bagnols-sur-Cèze dont il a été le conservateur, il ne possède que très peu d’oeuvres de lui. D’autre part à sa mort, le goût était à l’abstraction lyrique et sa fille, de son côté, a en quelque sorte enfermé son oeuvre dans la maison familiale, tout en rachetant des toiles, empêchant la constitution d’un marché. Ce n’est que récemment, en 2006, au décès de celle-ci, à l’âge de 102 ans que le musée des Arts sacrés de Pont-Saint-Esprit à bénéficié, grâce à une donation, de la totalité de la collection et de sa documentation. L’exposition qui se tient au Pont du Gard vise à redonner à Albert André, sa place dans l’histoire de l’art alors la peinture de son époque est aujourd’hui réévaluée.
Et quel bonheur ! Une peinture aimable, amoureuse du fait de peindre et du motif. Il s’adonne dans un premier temps à l’impressionisme, peignant les formes telles qu’il les voyait sous la lumière déformante. Il s’attache aux couleurs lumineuses puis ayant beaucoup regardé Renoir à l’oeuvre dans les années 1900, il donne à ses compositions un sens du volume et de la structure qui s’exprime par la courbe. Il ne choisit pas de styliser la forme par des cernes ou des aplats, comme le font les nabis. Il se nourrit de l’apport de Pissarro. Il adopte les compositions architecturales de Cézanne. Il structure ses compositions en déterminant un sujet principal au premier plan qui se détache de l’arrière plan, à la manière du Déjeuner sur l’herbe de Manet. Sa technique est sure mais elle ne l’emporte pas sur l’ensemble d’où émane une grande sensualité et une certaine sophistication. Une peinture qui fait du bien et pour laquelle il faut absolument faire le déplacement !
Cette exposition préfigure le projet de création d’un musée qui lui sera entièrement dédié à Bagnols-sur-Cèze dans quelques années.

Olivia Gazzano

Albert André, 107 oeuvres post-impressionistes. Commissariat : Alain Girard, conservateur en chef du Patrimoine. Pont du Gard, jusqu'au 25 septembre 2011. 

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Regards de Provence au musée Vouland


Regards de Provence ou les regards croisés de peintres provençaux sur leur région et sur la Méditerranée et de peintres français sur la Provence. Des œuvres extraites de la collection des époux Dumon, qui porte le nom Regards de Provence, depuis la création, en 1997, de la fondation qui lui donne un statut juridique.
L’exposition que le musée Vouland propose cette année pourrait aussi s’intituler pour sa première partie : Petites histoires des vues de Ports, du XVIIIe à nos jours, dans le sillage de Joseph Vernet. En effet, comme on peut le voir au fil de l’accrochage, les compositions du célèbre peintre avignonnais ont motivé nombre de ses successeurs : Félix Ziem avec ses vues de Venise, Jean-Baptiste Olive, Henri Manguin, Albert Marquet, André Lhote avec celles du plus emblématique des ports provençaux : celui de Marseille. De la peinture de propagande à la Peinture de Genre, ces vues ont en commun la représentation des nombreuses activités liées au port, elles sont prétexte à peindre d’immenses ciels parfois clairs, parfois ennuagés ainsi que la lumière. 
Deuxième partie de l’exposition : on tourne le dos à la mer et on interprète les paysages de la Provence des terres avec Emile Loubon, Albert Guigou, Edouard Pignon, René Seyssaud... Moins exotiques pour nous qui sommes de l’intérieur, ces paysages évoquant le temps des Félibres puis qui deviennent des prétextes à de pures compositions de couleurs et de lumière nous ravissent d’une autre manière.
A l’étage, le muséographe s’est amusé à intégrer des œuvres modernes et contemporaines à la décoration  mi-XVIIIe mi-XIXe des anciens appartements de Louis Vouland : Arman, André Marchand, Raoul Dufy, Pierre Ambrogiani, Claude Viallat y trouvent merveilleusement leur place !
Choisies parmi la collection de monsieur Dumon, autrefois marbrier et entrepreneur dans le bâtiment à Aubagne, et son épouse, ces œuvres voyagent beaucoup à l’étranger : Helsinki, Riga, Madrid... Elles font escale à Avignon jusqu’en octobre. Ne nous privons pas du plaisir d’aller les apprécier.
La fondation Regards de Provence basée à Marseille, dans un premier temps au Parc Borély et depuis 2005 au Palais des Arts, intègrera en 2013 un lieu pérenne dont elle a fait l’acquisition sur le J4, à proximité de la cathédrale et du futur Mucem. La réhabilitation de la construction, l’ancienne Station sanitaire du port, datant de 1948, réalisée par l’architecte Fernand Pouillon et labélisé Patrimoine du XXe siècle, fait parties des plus importants projets de Marseille-Provence 2013.
Très active, la fondation Regards de Provence présente quatre expositions par an, actuellement, le dessinateur Roger Blachon et prochainement Louis Valtat.

Olivia Gazzano

Regards de Provence, La collection Dumon, musée Vouland, Avignon, jusqu’au 30 octobre, du mardi au dimanche, de 12h à 18h. Commissaire Philippe Renaud. Fermé lundi et jours fériés. Tarifs 6 euros, réduit 4 euros. Tél. 04 90 86 03 79. Visuel : Félix Ziem, la fête du Bucentaure à Venise. www.regards-de-provence.org

Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.

Musée archéologique de Saint-Paul-Trois-Châteaux, Rites et cultes en Tricastin


Après « Tricastin devenu Romain » qui faisait le tour d’une époque et d’un territoire et « Richesses tricastines » qui présentait une sélection des plus beaux objets des collections, la nouvelle exposition s’intéresse au sens du sacré chez nos ancêtres tricastins, de sa naissance à la préhistoire jusqu’à la spiritualité du moyen âge. Vaste projet, au vu de la richesse des fonds du musée, mais qui devra loger dans l’espace restreint de la salle de l’Archidiacre, espace muséal de la ville. A la sélection rigoureuse d’objets, s’ajouteront donc des vidéos et des diaporamas pour une meilleure compréhension du propos, des aquarelles et maquettes pour une mise en espace plus agréable. Le prêt d’un remarquable ensemble de petits bronzes, découverts dans la région mais jamais montrés jusqu’à présent, viendra compléter cet ensemble.
 Avec la présentation d’objets symboliques de chaque époque, on commencera par la préhistorique avec quelques éléments provenant des fouilles du quartier des Moulins à St Paul, lieu essentiel à la compréhension de ces rituels par les archéologues. S’y ajouteront des parures funéraires de l’aven des Iboussières à Malataverne et des tessons de céramique des environs. Les pratiques d’incinération de l’âge de bronze seront ensuite évoquées.
L’antiquité sera présentée avec les objets de fouille du Valladas, exceptionnelle nécropole gallo-romaine, située hors les murs de la cité d’Augusta Tricastinorum, qui a livré, outre les objets qui accompagnaient les défunts : verreries et céramiques, de nombreuses offrandes alimentaires riches d’enseignements sur les modes de vie de cette époque. Une fabuleuse collection de petites divinités complète cet ensemble. La mosaïque Messié, du nom de son donateur, reste en place, augmentée d’une maquette qui en restitue l’emplacement exact au sein d’une maison de l’époque. Une aquarelle dans son prolongement évoquera un lit funéraire placé dans l’atrium.
Les montages vidéos montreront les fouilles d’où proviennent les objets et expliqueront l’évolution des rites dans une première salle qui restera peu éclairée alors que la lumière ira croissant dans la deuxième salle pour nous présenter l’Antiquité tardive et le Moyen âge.
On y verra un film sur les éléments sculptés de la cathédrale et, surtout, l’Arche sainte hébraïque sera de retour après un séjour à Paris au Musée du Judaïsme. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une pièce unique, seul exemplaire ayant traversé les vicissitudes du temps. Elle abritait les rouleaux de la Torah dans le quartier juiverie de St Paul au quinzième siècle.
 L’exposition devrait évoluer au fil de sa durée (deux ans) avec l’arrivée d’un certain nombre d’objets prêtés par d’autres musées, dans le cadre des échanges qui font vivre les collections d’importance nationale comme celle de St Paul.
Saint-Paul-Trois-Châteaux,  salle de l’Archidiacre, du mardi au samedi de 14h30 à 18h. Le premier dimanche du mois, une visite guidée gratuite a lieu à 16 h. Tel : 04 75 96 92 48. Exposition du 2 juillet 2011 au 25 mai 2013.

Anne Simonet-Avril. Paru dans Prosper, le Magazine culturel, Vaucluse, Avignon, Drôme provençale, Alpilles. N° 26, juillet, août, septembre 2011.